Berlin, mutations urbaines
À l'initiative d'Archipress, cinq photographes ont entrepris au cours des années 1995-1996, un travail photographique pour témoigner des mutations urbaines de la future capitale de l'Allemagne réunifiée. Il nous semblait évident que cette volonté de faire de Berlin, la nouvelle capitale, passait par une course contre la montre pour effacer les blessures laissées par le temps, par les guerres mais aussi par la division de deux Histoires.
Sylvie Bersout
s'intéresse en priorité au tissu ordinaire de la ville. Non pas le vestige ou le monument décrété historique, mais l'élément ordinaire de la composition urbaine : la forme d'une place, l'éloignement d'une rue, l'orientation et la fragmentation parcellaire, la présence ou la disparition des commerçants. tout ce qui fait l'identité d'un quartier.
Luc Boegly
propose un parcours photographique restituant la vision fragmentée que nous pouvons avoir depuis les berges de la Spree. A travers un agencement sobre de la composition, ses images tentent de provoquer une impression ténue d'immobilité, une permanence du point de vue au profit d'un changement de décors.
Stéphane Couturier
explore notre perception du temps. Les traces de l'ancien mur, associées aux turbulences de la réunification permettent de mieux mettre à jour les stratifications successives de la ville. Par des coupes verticales dans les entrailles des chantiers, c'est une dimension sédimentaire de la ville qu'il explore. Au-delà d'un simple aspect documentaire qui permettrait de déceler les anciennes « frontières » par la présence des signes typiques de l'un ou de l'autre des territoires, ce travail photographique voudrait questionner ces situations historiques.
Olivier Martin-Gambier
s'interroge plus particulièrement sur la physionomie des vides urbains. Ces photographies montrent comment la ville a intégré ces zones, de façon empirique, anarchique ou au contraire de manière tout à fait organisée. Ces images sont le témoignage d'espaces oubliés.
Jacqueline Salmon
trouve matière à continuer ses recherches commencées en 1981 : le traitement de la mémoire des lieux, dans l'instant où leur usage est remis en question, voire définitivement dénaturé. Le théâtre de Berlin, se met aujourd'hui en scène dans des lieux « décalés » ou menacés. Ces remises en cause mettent en évidence l'ensemble des problèmes urbains, politiques et économiques que rencontre la nouvelle capitale.