portfolios, stephane couturier

le grand palais I

Le travail photographique sur le Grand-Palais à Paris a été réalisé en 1997. Il s'inscrit dans la suite logique d'un travail sur "l'archéologie urbaine" initié en 1995. Dans ce projet, l'architecture est considérée comme un organisme vivant qui pousse sur les sédiments laissés par l'histoire.

A l'architecture de fer usée par les épreuves du temps, s'est superposée une seconde architecture de fer telle une prothèse pour soutenir un corps malade. Le parti-pris  photographique  privilégie  une vision frontale qui déhiérarchise  et stratifie  les éléments  contenus  dans le fragment photographique.

Au delà du traumatisme de la matière, cette prolifération  de signes  et de couleurs voudrait témoigner d’une dimension  sédimentaire  des lieux saisis dans un entre-deux temporel.

La théatralisation  des couches de visualité  ainsi détaillées  permet la coexistence  de plusieurs  niveaux de lecture, au croisement de l’architecture  et des arts  plastiques.

Olivier Nord, Bel Horizon


Usine Menier

A sa création, le site Menier à Noisiel décline à merveille la fonction emblématique de l’architecture vis-à-vis de l’industrie : à une innovation productive répond une innovation architecturale, qui concilie rationalité et esthétisme de l’époque. C’est la ville - modèle.
Le travail photographique a été effectué en 1994, lors de la transformation du site en nouveau siège social de Nestlé-France.
La notion de temps, et plus particulièrement une certaine dimension sédimentaire des lieux était le fondement de la recherche photographique étudiée. Ces lieux saisis dans un entre-deux temporel sont prétextes à découvrir des moments parfois éphémères où se mêlent passé, présent et futur.

Plutôt qu’une destruction, nous sommes  en présence d’une mutation car ces lieux sont en vie et comparables à un organisme vivant en perpétuelle évolution : certaines parties meurent mais sont amenées à être remplacées par de nouveaux éléments. Ces lieux ne sont pas du côté de la ruine mais du côté du vivant, et c’est cette parcelle de vie qui est analysée sans sentimentalisme.

Olivier Nord, Bel Horizon


Renault-Billancourt

Du site Renault à Boulogne-Billancourt, avant sa démolition, nous ne connaissions qu’une partie de son enveloppe : façades grises sans signification, murs d’enceinte noirs et impersonnels, ainsi qu’une citadelle flottante et mystérieuse que constitue l’île Seguin.

Le gigantisme de l’emprise Renault s’est élaboré progressivement à partir de 1903. Tout le paysage de la boucle de la Seine entre Sèvres et Issy les Moulineaux a été bouleversé par l’arrivée des établissements Renault.

A travers cet extraordinaire enchevêtrement d’architecture industrielle, une véritable ville dans la ville s’est constituée avec ses rues, ses carrefours, sa signalisation routière, son château d’eau, sa centrale électrique, etc ...

Plus qu’une simple mise en mémoire d’un lieu, en l’occurence Renault, ce projet photographique réalisé entre 1992 et 1993, voudrait questionner la perception que nous avons de l’univers urbain où tout n’est que télescopages des formes et segmentation de l’espace, mais qui produit du sens.

Par le choix de la frontalité et la simplicité de composition, il s’agit                 d’ accumuler le maximum d’indices. Cette prolifération de signes oblige le spectateur à parcourir la photographie d’un point à un autre, à changer de plan, jusqu’à dépasser le sens premier des choses et créer ainsi une certaine distanciation par rapport au réel.

Stephane Couturier, Renault

 


 

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